Quand l’agresseur se dit victime et l’invention de l’antisémitisme juif

Dracha de Roch ha-chana 5778 par Rivon Krygier

Je commencerai par la fin (« Tathil mi ha-sof ! » est l’expression israélienne pour dire « Va droit au but ! »…) en vous disant donc : Chana tova ! La plupart d’entre vous connaît certainement la blague juive où Mochè rencontre Chelomo et un peu pressé lui demande : Dis-moi, en un mot, comment ça va ? – Bien. Et en deux ? Pas bien ! Je serai donc, comme d’habitude, aussi concis (c’est aussi une blague juive).

Alors cette nouvelle année : bonne ou pas bonne ? L’avenir nous le dira, évidemment, mais difficile de ne pas exprimer en ce rendez-vous annuel les vives inquiétudes qui me saisissent quand je me livre à l’exercice de prendre un peu de hauteur par rapport à l’actualité quotidienne qui mobilise notre regard et tend à confisquer toute notre attention. Mon sentiment personnel est que partout dans le monde, et désormais à nouveau en Occident, et en Israël également, la crispation identitaire sous forme de nationalisme ou de religion se renforce au détriment d’une vision plus universaliste, plus généreuse, plus humaniste. J’observe une perte de confiance croissante – en bonne part justifiée, mais en partie seulement – dans les institutions européennes ou mondiales et dans les valeurs démocratiques tout court. Cette défiance en appelle au repli sur soi au « nous, d’abord ; first ». C’st un retour au tribal, à la morale de clan : « Je serai sympa avec mon semblable… (mon semblable seulement) ». Je constate une perte croissante d’idéal, fût-il trop utopique, au profit d’une posture cynique, agressive, désinhibée, un égoïsme narcissique, nombriliste. Je pense à un célèbre aphorisme du fameux Tanna, Hillel, qui a réussi à condenser en une formule percutante toute la sagesse qu’il conviendrait d’avoir à l’esprit en cet instant de Roch ha-chana, Yom ha-din, où nous nous présentons devant l’Éternel pour faire notre examen de conscience :

אם אין אני לי מי לי וכשאני לעצמי מה אני ואם לא עכשיו אימתי:

« Si je ne suis pour moi, qui le sera ? Mais quand je suis pour moi, que suis-je ? Et si ce n'est maintenant, quand le ferais‑je ? » (Avot 1:14).

 

La puissance de ce propos tient à son juste équilibre, entre souci de soi et souci des autres, et à l’urgence qui consiste à le rechercher. Car ce n’est pas gagné d’avance. C’est une véritable quête, la quête de la justice et de la paix. C’est, je crois, l’essence du judaïsme bien pensé, (je préfère ce terme à « éclairé » qui est un peu prétentieux) et je crois que c’est aussi la force de notre message, en tant que communauté massorti, que d’avoir fait de cet équilibre notre défi. Le propre de l’intégrisme ou de l’ultranationalisme, c’est de n’être centré que sur ses intérêts étroits, sur sa « vérité », son rêve de triomphe et de domination. « Nous n’avons besoin de personne, nous avons raison sur tout. Que personne ne s’avise de critiquer, à comparer. Nous sommes la Lumière des Nations. À eux à apprendre de nous. » Toujours selon les Maximes des Pères, nous disons pourtant que la Tora, pourtant au cœur de la civilisation juive, ne se suffit pas à elle-même :

משנה אבות ג יז

רבי אלעזר בן עזריה אומר: אם אין תורה אין דרך ארץ אם אין דרך ארץ אין תורה.

Rabbi Elâzar ben Azaria enseigne : S’il n’y a pas de Tora (voie céleste), pas de voie terrestre (civisme, rectitude, science : voie terrestre universelle) et si pas de civisme pas de Tora (Avot 3:17).

 

Rien de plus dangereux, à l’heure de la mondialisation, de prétendre être le nombril du monde, de mépriser la dimension universelle, complémentaire (et non opposée) à la nôtre. Ces considérations générales, mais capitales, m’amènent à vous parler hélas d’un sujet douloureux, qui est la triste illustration de ce que je viens d’énoncer. Je veux parler du mépris ahurissant dont nous sommes l’objet, en raison de notre choix de conviction, de la part des groupes fondamentalistes de notre peuple. Je veux y réfléchir avec vous, à la fois pour tenter de définir la meilleure stratégie face à ce phénomène désolant, mais aussi pour jeter les bases d’une réconciliation future. Chemin faisant, vous allez vous en rendre compte, parce que les mécanismes de dénigrement qui sont à l’œuvre se retrouvent dans nos propres vies, je vous invite à méditer la problématique relationnelle que cette affaire illustre.

Vous avez suivi sans doute la décision du gouvernement de Benjamin Netanyahou de geler l’accord signé en janvier 2016 qui devait permettre aux Juifs qui souhaitent avoir une prière selon le rite orthodoxe moderne, massorti ou réformé d’avoir un accès au Kotel, de l’autre côté de l’Arche de Robinson, soit à côté de l’aire dédiée actuellement au plus grand nombre.  Pour rappel, tous les partis étaient signataires de ce compromis historique, y compris les ultra-orthodoxes, jusqu’à ce que les rabbins dirigeant ces partis fassent marche-arrière et en invalident la décision.

Le gel de cet accord, ainsi qu’un projet de loi visant à donner aux factions les plus orthodoxes un monopole en matière de conversion, a été confirmé par un vote en juin dernier, suscitant l’indignation de tous les juifs modernistes de par le monde, toute dénomination confondue. Il y a peu de temps, quelques 600 rabbins conservative américains ont écrit au premier ministre d’Israël pour lui dire la colère des communautés modernes devant cette dénégation et de signifier leur intention d’en reparler à leurs communautés lors des fêtes, en priant Netanyahou de reconsidérer sa décision très « politique ». Je voudrais que vous entendiez la manière dont un site d’information israélien (Ynet), pourtant peu suspect de radicalisme religieux, a rendu compte de ce courrier dans un entrefilet. Je cite :

Conservative leaders in the United States sent a scathing letter to Prime Minister Benjamin Netanyahu on Wednesday, in which they pressed him to unfreeze the Kotel egalitarian area plan, threatening to turn their represented community of 2 million Jews worldwide against him and Israel if he does not. Ynet Amihai Attali | Published: 08.09.17, 21:56 

Des Leaders conservative aux USA envoient une lettre agressive au Premier ministre B. Netanyahou dans laquelle ils le pressent de dégeler le plan d’édification d’une zone égalitaire au Kotel, le menaçant de retourner contre lui et contre Israël, les deux millions de juifs affiliés de part le monde à ce mouvement, s’il ne s’exécutait pas.

 

C’est un chef d’œuvre de désinformation dont on est hélas coutumier envers Israël, du genre :

Titre : Deux palestiniens abattus par l’armée israélienne à Jérusalem. Pour apprendre ensuite mais incidemment que ce sont des terroristes qui étaient en train de perpétrer un attentat… En fait, qu’est ce qui est pervers dans cette manière de rendre compte de l’affaire du Kotel ? Je relève deux points. D’abord, le mensonge. La “menace” - tel un prétendu ultimatum – n’est pas de monter deux millions de juifs contre l’État d’Israël, mais de faire prendre conscience à nos communautés que nous avons été totalement dénigrés par la dénonciation de l’accord qui visait à accorder le pluralisme sur le lieu le plus symbolique du peuple juif, dans des aires séparées, respectant la différence rituelle de chacun. Jamais, le mouvement conservative/massorti n’a appelé à se désolidariser de l’État d’Israël. Dire qu’il profère des menaces à son endroit est insultant ! Comme si demander le respect d’un accord sur le pluralisme était « antisioniste » ! C’est un comble, une accusation grave et diffamante. Second point, qui mérite toute notre attention : comme dans le mode d’expression de l’article de presse tendancieux, concernant la neutralisation de terroristes, on assiste ici à une inversion victime-agresseur, en faisant entendre que les fauteurs de troubles mal intentionnés sont les protestataires, tout en utilisant le langage subliminal et comminatoire de la trahison envers Israël.

Mais cela va bien plus loin que cela encore. Bon nombre d’entre vous ont certainement été outrés comme je l’ai été par les propos de l’ancien grand rabbin d’Israël (et actuel grand rabbin sépharade de Jérusalem), Shelomo Amar, accueilli en grande pompe ces jours-ci à la synagogue de Buffault à Paris. Il a déclaré récemment :

"Ils [les Juifs progressistes] sont comme les négationnistes, c'est la même chose. Ils s'insurgent contre les négationnistes en Iran mais ils nient bien plus que la Shoah." - Ils [les Juifs progressistes] le regretteront et pleureront des larmes de sang pour les crimes qu'ils commettent."

 

Et quel est, pour le rabbin Shelomo Amar, le « négationnisme » en question ? C’est le fait de prétendre que le Temple de Jérusalem fut jadis mixte, contrairement à ce qu’en disent, selon lui, les sources juives. Du « négationnisme » pas moins que cela ! Qu’il dise « controverse », voire « contre-vérité », mais pourquoi utiliser le terme de « négationnisme » qui renvoient à la Shoah et aux pires ennemis d’Israël ?

Là encore, la diffamation et le mensonge s’ajoutent à l’inversion entre agresseur et victime. Juste pour la petite histoire, ce sont les historiens en premier, et non les « progressistes » qui affirment que le « Parvis » dit « des femmes » dans le Temple était la zone (mixte) du peuple ; qu’une source talmudique relate que des balustrades (au balcon) réservées aux femmes étaient installées lors de la fête de Beit ha-choéva (durant Souccot), en raison de l’exubérance de ces festivités nocturnes et d’une possible promiscuité. On en déduit a contrario que cette séparation physique n’existait pas le reste de l’année. Qui plus est, pour rappel, le Kotel n’est pas le Temple mais juste un mur d’enceinte. Et qu’il est vrai que des photos du début du 20° siècle montrent une fréquentation mixte du site : hommes et femmes, côte à côte, en prière ! Pourquoi ? Non pas parce que c’était « imposé par l’occupation turque », comme on le prétend abusivement, mais tout simplement car ce lieu n’était aucunement une synagogue. C’est progressivement après la guerre des six jours que le lieu s’est transformé en synagogue orthodoxe, de facto, alors que c’est et doit être un site national et symbole pour tous les Juifs du monde. Et quand bien même, le Temple de Jérusalem eut jadis séparé strictement les hommes et les femmes, cela n’interdit pas le droit de penser à une conception moderne du Temple où l’on ne sacrifierait plus d’animal, dans une société sans esclaves, sans ségrégation, une société sans exécutions publiques, sans punitions corporelles. Oui, nous pouvons rêver d’une société qui ne reflète plus les normes consignées dans la Tora et le Talmud, vieilles de milliers d’années, mais qui pourrait au demeurant en être le prolongement fidèle, modernisé. Oui l’humanité peut progresser et s’affiner sans qu’il faille y voir une trahison du judaïsme mais au contraire un accomplissement d’ordre messianique. Enfin, rappelons que l’accord qui avait été trouvé et signé avec toutes les parties consistait précisément à accorder aux orthodoxes d’avoir la mainmise totale sur l’esplanade du Kotel, et en échange d’aménager une aire latérale pour les courants qui défendent le droit des femmes à prendre une part active au culte. Dans cet accord, les orthodoxes étaient plus que respectés. Et, de fait, jamais les mouvements dits progressistes n’ont mis en cause le droit des mouvances orthodoxes d’exprimer leur judaïsme, alors que ceux-ci traitent les modernes d’hérétiques, voire de criminels. Voilà maintenant que les juifs modernes sont traités de négationnistes.

Quand on comprend que cette terrible accusation est une inversion, une perversion du bon sens, on découvre une terrible vérité qu’il est temps de clamer bien haut et fort. La frange radicale qui profère pareil discours obscène à l’encontre les courants modernes a toutes les caractéristiques d’un antisémitisme primaire. Car enfin, comment considérer le discours sans cesse répété par nombreuses figures rabbiniques ultra-orthodoxes, que les juifs « réformés » (qui enferment sous cette appellation tous les crabes modernes dans un même panier) sont les responsables des malheurs du peuple juif, de la colère divine et notamment la Shoah, parce que, disent-ils, ils ont procédé à l’assimilation, à l’abandon de la Tora. Un peu d’histoire montre pourtant que la vague d’assimilation amorcée à la fin du 18e siècle a été le fait massif de l’émancipation des Juifs, pas des réformés en particulier qui ont au contraire, à leur façon, tenté de lutter contre cette déperdition, en tenant de maintenir le lien avec la synagogue. N’oublions pas que c’est grâce à l’émancipation que les juifs ont obtenu des droits leur permettant de de sortir de la misère des ghettos et de s’insérer dans le monde moderne. L’État d’Israël n’existerait pas sans ce processus historique, et sans l’effort des juifs émancipés ou en quête d’émancipation. Vous êtes vous demandés, puisqu’il s’agit d’un mouvement global des masses juives, pourquoi les ultra-orthodoxes ne s’en prennent-ils pas aux juifs assimilés, athées ou « séculaires » qui sont bien plus opposés aux codes de la tradition que ne le sont les progressistes qui veulent au contraire maintenir une spiritualité et une pratique religieuse autour de la Tora ? Pourquoi tant de haine sélective ? Par opportunisme, par rivalité. Parce qu’il est commode d’avoir un bouc émissaire pour porter tous les péchés d’Israël. Dire que les réformés sont les responsables de la Shoah ou de tout autre calamité, de les traîner dans la boue, les moquer et les mépriser sans même tenter de les entendre et de les comprendre, sans se mettre soi-même en cause et admettre ses propres défauts, fait penser irrésistiblement à « l’enseignement du mépris », à une accusation de « meurtre rituel » ; ce n’est pas différent des accusations médiévales délirantes et abjectes qui tenaient les Juifs pour responsables d’avoir empoisonné les puits et provoqué la peste noire. Les « réformés » sont devenus, dans certains milieux alignés sur ce discours, les juifs infréquentables, contagieux, à qui l’on tourne le dos brutalement quand ils évoquent en toute simplicité, au détour d’une conversation, leur allégeance. Les intégristes ont inventé l’impensable, un nouvel oxymoron inimaginable : l’antisémitisme juif. Que Dieu nous préserve, avec tout ce discours de haine, qu’il n’y ait pas de passage à l’acte, de sang versé. Et n’allons pas dire que dans les propos tenus ici, nous faisons pareil que les radicaux que nous dénonçons : eux nous accusant de révisionnisme et nous d’antisémitisme. On renverrait alors dos à dos une violence, comme si la situation était symétrique, celle d’un mépris réciproque, comme on le fait du reste pour l’État d’Israël accusé de tous les maux, en oubliant qu’il y a à l’entour des ennemis jurés qui veulent anéantir cet État. Je ne suis pas un grand supporter de M Benjamin Netanyahou mais il a eu raison de proclamer à la tribune de l’ONU que devant les déclarations des dirigeants iraniens tout juste réitérées de vouloir éradiquer Israël de la carte, le silence des nations est assourdissant, sidérant. Il n’y a pas de symétrie entre l’animosité de l’Iran envers Israël et celle d’Israël envers l’Iran. Netanyahou a déclaré qu’Israël était l’ami du peuple iranien et que l’ennemi était la classe dirigeante car elle est celle qui vise à éradiquer Israël. De même, il n’y a pas de symétrie entre l’animosité ultra-orthodoxes envers les courants modernistes et celle payée en retour. Pour nous, modernes, l’orthodoxie et même l’ultra-orthodoxie la plus éloignée de notre pensée, se non pas nos ennemis en tant que tels. Nous ne cherchons pas à les abolir, à leur interdire le mode de vie. Nous leur reconnaissons au contraires certaines qualités dont nous pourrions nous inspirer. Nous voulons avoir avec l’orthodoxie, à défaut d’une bonne entente salutaire, un débat talmudique, mahlokèt lechèm chamaïm. Débat franc, mais fraternel. Mais, ce n’est pas le cas, hélas, en raison de leur mépris.

Ceci nous amène à une réflexion quant à ce qui se passe dans nos propres vies et à ce que nous pouvons faire en ce jour où s’ouvre la période des 10 jours de techouva. Nous rencontrons les uns et les autres des situations conflictuelles. Qu’on l’ait cherché ou non, même quand on fait tout pour l’éviter, les frictions, les fâcheries, les franches disputes sont quasi inévitables. On ne peut être d’accord sur tout ; on n’agit pas les uns et les autres dans le parfait équilibre prescrit par Hillel de veiller à nos intérêts tout en ménageant, mieux tout en se préoccupant de celui des autres. Par maladresse, par narcissisme, on finit par blesser, froisser ; et réciproquement nous le subissons, entraînant du ressentiment, de la colère. C’est là que la mécanique inflationniste se met en route jusqu’ à la haine et la violence. Sans s’en rendre compte, on prête les intentions les plus perverses aux autres et plus la colère monte, plus on amplifie les choses, jusqu’à déformer la réalité, à tomber dans le délire abject que je décrivais tout à l’heure. Bien sûr, on peut en arriver à être soi-même victime de la situation d’inversion que je décrivais tout à l’heure dans laquelle celui qui nous a agressé se considère comme la victime, car nous ne nous laissons pas faire. [Dans le judaïsme, « tendre l’autre joue » quand on veut nous frapper, même s’il y a une noblesse indéniable dans cette attitude, n’est pas considéré généralement comme la posture équilibrée, qui est plutôt celle d’Hillel]. Cette situation d’inversion est celle qui fait dire au violeur : « elle n’avait qu’à pas s’habiller de manière provoquante ». Le sous-entendu est que c’est elle qui a rendu le violeur agressif, c’est elle qui l’a rendu « victime » de ses pulsions, c’est elle qui l’a abîmé… Elle a donc eu ce qu’elle mérite… Contre la folie, la haine ravageuse, on est souvent impuissant et on voudrait pouvoir se faire respecter. Mais la manière idéale de le faire est de ne pas entrer dans le cercle vicieux inflationniste, en rendant la haine aveugle pour la haine aveugle, en aggravant le litige en passant par de la désinformation, la diffamation, ce qu’on appelle dans nos sources la médisance, mais en gardant toujours une porte ouverte pour la réconciliation : ramener le contentieux aux justes proportions, traiter dignement le litige, et ouvrir au dialogue apaisé. C’est exactement ce que nous attendons de Dieu dans nos prières, comme dans le poème liturgique Ve-khol maaminim de la prière de Moussaf… :

 

וְכֹל מַאֲמִינִים שֶׁהוּא עֽוֹנֶה לָֽחַשׁ,

הַפּוֹתֵחַ שַֽׁעַר לְדוֹפְקֵי [פִּתְחוֹ] בִּתְשׁוּבָה.

וְכֹל מַאֲמִינִים שֶׁהוּא פְּתוּחָה יָדוֹ,

הַצּוֹפֶה לָרָשָׁע וְחָפֵץ לְהַצְדִּיקוֹ.

וְכֹל מַאֲמִינִים שֶׁהוּא צַדִּיק וְיָשָׁר,

הַקָּצָר בְּזַֽעַם וּמַאֲרִיךְ אַף.

וְכֹל מַאֲמִינִים שֶׁהוּא קָשֶׁה לִכְעוֹס,

הָרַחוּם וּמַקְדִּים רַחֲמִים לָרֹֽגֶז.

וְכֹל מַאֲמִינִים שֶׁהוּא רַךְ לִרְצוֹת,

                        L'Éternel ouvre au repentant qui frappe à la porte

et tous ont confiance car Il garde la main toujours ouverte.

                        L'Éternel observe le fauteur et souhaite sa correction

et tous ont confiance car Il est juste et droit dans Son jugement.

                        L'Éternel amoindrit l'éclat de Sa colère et le contient avec patience

et tous ont confiance car Il ne fait pas aisément éclater Sa colère.

                        L'Éternel est miséricordieux, Il fait primer Sa clémence sur Son courroux.

et tous ont confiance car Il est prompt à la réconciliation.

 

Ce que nous demandons de Dieu ne devient audible que si nous faisons l’effort nous-mêmes de nous tenir à cette éthique, autant que possible. Souvenons de ce que dit le livre des Proverbes :

משלי כא

(יג) אֹטֵם אָזְנוֹ מִזַּעֲקַת דָּל גַּם הוּא יִקְרָא וְלֹא יֵעָנֶה:

Celui qui se bouche l’oreille à la plainte de l’indigent, lui non plus ne sera pas entendu lorsqu’à son tour il invoquera (Pv 21,13).

 

Il me reste à souhaiter à chacune et chacun d’entre vous que Dieu vous accorde une bonne et heureuse année, pleine de miel. Nos pensées vont aussi à nos amis, avec ceux qui en ce moment même sont confrontés à la maladie, la leur ou celle de leurs proches, et qui se battent avec courage, d’autres confrontés aux angoisses de la solitude, de la pauvreté. Comme au jour du mariage où nous brisons un verre, puissent nos pensées et nos cœurs se tourner vers eux.

 

Rivon Krygier

 

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Reform Jews Are Worse Than Holocaust Deniers, Says Former Chief Rabbi of Israel

By Stav Ziv On 9/6/17 at 4:14 PM

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A former chief rabbi of Israel said Reform Jews are worse than Holocaust deniers during a lecture last week, the Haredi Hebrew news website Kikar HaShabbat first reported on Tuesday.

Shlomo Amar, who is currently the Sephardi chief rabbi of Jerusalem, was discussing a petition by the Reform and Conservative movements and Women of the Wall, a feminist prayer group, against the government’s June decision to freeze an agreement that would allow for egalitarian prayer services at one of Judaism’s holiest sites. The Israel Supreme Court held a hearing on Thursday at which it called on the state to revisit its decision to suspend the agreement and, if it would not be willing to do that, to explain whether it believes the court can force its hand.

In his rant, Amar said that Reform Jews commit every wrong against the Torah. “They even wed gentiles and Jews. They don’t have Yom Kippur or Shabbat but they want to pray [at the Western Wall]. But no one should think that they want to pray, they want to desecrate the holy,” he said. “They are trying to deceive and say that extremist Haredim invented [separate prayer at the Western Wall].

“It’s like Holocaust deniers, it’s the same thing,” he continued. “They shout about Holocaust deniers in Iran, but they deny more than the Holocaust. In all of the Mishnah and Gemara [the two parts of the Talmud], there was a women’s section and a men’s section in the temple. Is this something someone can be satisfied with? Did we invent this?

“It’s a destruction taking place in our day,” he said, using the specific Hebrew word usually employed to describe the destruction of the Second Temple by the Romans in 70 C.E. The Western Wall is the only portion of the temple that remains standing. “They will regret it and cry tears of blood over these offenses they are committing.”

It’s not the first time Amar has expressed his distaste for Reform Judaism, the most liberal of the major denominations. Just last year he gave an interview in which he called adherents “evil” in comments that also came in the wake of the debate over egalitarian prayer space at the Western Wall.  

“There aren’t many Reform in Israel,” Amar told the newspaper Israel Hayom in November 2016. “In recent years they have been importing it, this culture. What they are doing is incitement. It is not a matter of personal distress; it’s politics…. I will not change what is written in the Torah.”

His sentiments go even farther back. In 2012  he said, “It’s preferable not to pray at all than to pray with [a Reform congregation].” In 2010,  he blamed Reform Jews for assimilation and for imposing a liberal lifestyle that led to a “spiritual low point.”

That year, he wrote in a letter to other rabbis and leaders, according to a translation published in Tablet:

Those who call themselves liberals and Reform, and their friends and supporters, they are responsible for this terrible crime, they support it openly and without shame.

And now they dig their claws into the people who live in Zion, and they try to dictate to us a lifestyle, that Israel should be like all other nations, God forbid, and they terrorize us in various ways, and they formed legions of warriors inside the land of Israel whose sole purpose is to rip the Torah out of Israel and defile the religious courts and everything that’s holy, and they’ll use whatever ways and means they can, by threatening and exerting influence on ministers and members of Knesset and by appealing to the courts. Things are getting worse and worse.

Reform Jews are also not the only group Amar has made disparaging remarks about, spurring a backlash of criticism. In the same Israel Hayom interview in November 2016, he called homosexuals a “cult of abomination.

“It is clear that it is abomination. The Torah punishes it with death. This is in the first line of serious sins. They say ‘tendency,’ ‘perversion’—nonsense. There is lust, and a person can overcome it if he wants, as with any other kind of lust. This is one of the most forbidden types of lust. The most grave,” he said. “There is no such thing as having understanding or tolerance for this,” he added. “I call on them, in warm and friendly language, to leave their bad path.”

Amar’s comments usually spur a spate of criticism from the groups he attacks and other leaders and politicians. Last year, Oded Fried, formerly the head of the Israeli National LGBT Task Force, said Amar “should keep his dark opinions to himself rather than lend a hand to incitement against the LGBT community,” while Israel Religious Action Center Director Rabbi Noa Sattath, said, “His comments, which are nothing more than baseless hatred peppered with ignorance, harm Israelis and Jews who pay his state salary.”

After Amar’s most recent attack on Reform Jews, Prime Minister Benjamin Netanyahu condemned his remarks. “All Jews are part of one family and the diversity of our people should always be respected,” Netanyahu said. “I categorically reject any attempt to delegitimize any part of the Jewish people.”

Amar reportedly stood by his comments in an interview Wednesday with Israel Radio, insisting that denying the clarity of Jewish law on gender separation was like denying the Earth is round.

- 2016 : "Il est évident que [l'homosexualité] est une abomination. La Torah la punit de la peine de mort."