Office du samedi matin

Chaharit et moussaf du chabbat

Déroulement de l’office du samedi matin


Les chants du samedi matin

9h45-9h55 : Birkot ha-chahar (pp. 4–12).
Un cheliah tsibour ou hazzan (officiant) est appelé par le rabbin à diriger la prière. La première partie de l’office qui est identique tous les jours, consiste en une récitation des birkot ha-chahar (bénédictions matinales). Celles-ci expriment, à travers l’expérience du renouveau matinal, la reconnaissance envers Dieu, qui renouvelle sans cesse l’œuvre de la Création et redonne vie au monde tout entier. Cette section de l’office, comme toutes les autres, est ponctuée par la prière du kaddich (sanctification du Nom divin), profession de foi du judaïsme. Il est en effet d’usage pour ceux qui doivent rappeler la mémoire d’un membre décédé de leur famille proche, d’en réciter le texte au devant de toute la communauté, tandis que celle-ci répond à l’unisson « amen » aux diverses strophes.

9h55-10h15 : Pessouké de-zimra.
Les pessouké de-zimra sont des versets récités à partir des Psaumes bibliques, pour la plupart attribués au roi David. Ce préliminaire inscrit la prière dans la mémoire ancestrale et permet de renouer avec les aspirations profondes du peuple juif. Dans notre synagogue, l’usage est d’en réciter des parties diverses d’un Chabbat à l’autre, en privilégiant le chant, pour associer davantage le public à la prière.

10h15-10h35 : Le Chemâ et ses bénédictions.
Cette section commence par une invitation formelle à la prière (Barekhou, p. 56) destinée à former la communion entre les fidèles. Elle requiert la présence d’un minyan (au moins dix fidèles adultes). Ensuite, sont récitées les deux bénédictions qui introduisent la récitation du Chemâ et définissent le lien de l’homme à Dieu, célébrant Son action en tant que Créateur du monde et en tant que Guide spirituel qui a noué une alliance sainte avec le peuple juif. Le Chemâ Israël (« Écoute Israël ! », p. 24) exprime l’allégeance à l’essence de la foi d’Israël : le monothéisme éthique. C'est une injonction à l’amour de Dieu qui se traduit par la vigilance, le dévouement constant à nos devoirs religieux et moraux, et la transmission de ces précieuses valeurs à nos enfants. Une dernière bénédiction (pp. 68-70) suit le Chemâ et porte sur l’espérance de la rédemption.

10h35-10h45 : La âmida.
La âmida est le terme talmudique pour désigner « la prière ». Le sens de la responsabilité requis dans le rapport à Dieu se traduit par le fait que l’on doive réciter sa prière en position debout, ce qui est le sens littéral du mot « âmida ». C’est le moment de l’office ou chaque fidèle se présente devant le Maître du monde, s’adresse directement à Lui, exprimant les aspirations fondamentales du peuple juif jusqu’aux requêtes les plus intimes. Elle se compose de trois bénédictions initiales, du corps de la prière (une seule et longue bénédiction, le Chabbat, et non treize, comme en semaine) et de trois bénédictions finales. Ce caractère à la fois personnel et communautaire fait que dans un premier temps, chacun murmure la prière individuellement, et qu’ensuite l’officiant en reprend l’énoncé à voix haute, au nom de toute l’assemblée. Au cours de cette répétition, l’officiant invite la communauté à participer à la kedoucha (p. 74), la proclamation céleste et terrestre de la sainteté de Dieu, et l’aspiration à ce que la présence divine soit accueillie dans le monde tout entier. L’officiant rappelle également de façon solennelle la bénédiction des cohanim (pontifes), prodiguée à l’ensemble du peuple d’Israël.

10h45-11h40 : La lecture de la Tora et de la Haftara.
Cette partie de l’office s’articule en quatre temps : la sortie du rouleau de la Tora hors de l’Arche sainte et sa procession au sein de l’assemblée des fidèles, la lecture de la Tora, la lecture de la Haftara, la rentrée du rouleau de la Tora dans l’Arche sainte. La lecture de la Tora constitue le cœur de l’office du samedi matin. De semaine en semaine, un extrait (paracha ou sidra) de la Tora est lu, de sorte qu’au bout d’une année sa lecture est entièrement accomplie, pour être reprise à nouveau, dans un cycle perpétuel. La Tora est composée des cinq livres de la Bible attribués à Moïse (le Pentateuque), c’est-à-dire la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome. La paracha de chaque semaine est elle-même divisée en sept parties ou aliyot (montées à la Tora) qui correspondent à des sessions auxquelles sont conviés des fidèles appelés à réciter les bénédictions de la lecture (p. 98), et à suivre celle-ci au plus près dans le rouleau. Le texte est récité selon des règles très précises de cantilation par le baâl-koré (maître de lecture). Celui-ci est entouré du chomer (l’assistant et superviseur de la lecture) et du gabaï, chargé d’appeler et de bénir les fidèles qui montent à la Tora. Toute personne appelée à une aliya et qui sait lire elle-même un extrait de la Tora peut le faire. Mais, le fidèle est généralement appelé à en réciter seulement les bénédictions (p. 98). La cérémonie de la bar/bat-mitsva consiste notamment en ce que l’enfant marque son passage à l’âge adulte, en accomplissant une lecture. Celui qui est appelé à la Tora communique au gabaï son prénom hébraïque ainsi que celui de son père et de sa mère (ex. : Itshak ben [fils de] Avraham ve-Sara). Il est d’usage qu’après la lecture de son passage, la personne appelée soit invitée par le gabaï à faire un don aux œuvres de la communauté (sans devoir en mentionner le montant), dont elle s’acquitte au courant de la semaine qui suit. Ce n’est pas un PV (!) mais simplement, la manière traditionnelle d’associer cette importante mitsva à celle de la générosité et de la solidarité envers la communauté. À l’issue des lectures, le gabaï appelle le magbia, chargé de lever le rouleau de la Tora, ainsi que le golèl chargé de rhabiller le rouleau de sa robe et de ses ornements. Après quoi, le dernier appelé à la Tora, le maftir lit avec cantilation le passage hebdomadaire extrait du livre des Prophètes, appelé haftara. Cette lecture est précédée et suivie de bénédictions particulières (p. 106). Avant de ramener la Tora dans l’arche sainte, le rabbin appelle des fidèles à réciter les bénédictions collectives, pour la communauté, pour les personnes malades ou en danger, pour la France, pour l’État d’Israël, pour la paix en Israël et dans le monde.

11h40-11h55 : La dracha.
L’étude de la Tora est le commandement fondamental de la vie religieuse. Dans notre communauté, une dracha (homélie, enseignement) est généralement prodiguée après la âmida, le plus souvent par notre rabbin, mais pas exclusivement. Lorsque l’on célèbre une bar/bat-mitsva, l’enseignement est fait par l’enfant après sa lecture dans la Tora. Cet enseignement porte le plus souvent sur le sens de la paracha de la semaine (péricope lue rituellement le samedi matin, extraite de la Tora). C’est aussi l’occasion de réfléchir, à partir d’un regard traditionnel, sur des questions diverses concernant la vie morale et spirituelle.

11h55-12h10 : Le Moussaf.
Le Moussaf désigne la prière « complémentaire » du samedi matin. Il correspond au « supplément d’âme » qu’apporte le repos saint du Chabbat. À l’époque du Temple de Jérusalem, un sacrifice supplémentaire était offert à l’occasion du Chabbat, de la nouvelle lune ou lors des jours de fête. Cette prière y fait allusion. Dans notre communauté, elle est chantée collectivement dans la première partie, et individuellement dans la seconde.

12h10-12h30 : Le final.
Dans la partie finale de l’office, nous chantons le Ein ke-elohénou (« Qui Te ressemble ? », p. 130), un chant de louange à Dieu qui réjouit les âmes et comble l’homme de spiritualité. Suit alors la récitation de la prière Alénou (p. 130) qui exprime l’espoir de l’harmonie universelle, l’unité du genre humain autour du culte du Dieu unique et universel. Les endeuillés récitent ensuite le kaddich (p. 134). En conclusion, nous chantons l’hymne du Adon ôlam (« Maître du monde »). Après les diverses annonces des célébrations et activités prochaines de la communauté, on récite le kiddouch (la sanctification du Chabbat), en buvant tous ensemble une coupe de vin ou de jus de raisin. Il arrive souvent qu’un petit buffet appelé aussi « kiddouch » soit organisé pour célébrer un joyeux événement ou pour dédier un repas d’amitié à la mémoire d’un proche disparu. La coutume est de se souhaiter ensuite les uns les autres un « Chabbat chalom » (Chabbat de paix) !
שבת שלום !

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