Allocution de Rivon KRYGIER

14 octobre 2013 : remise du prix de l'AJCF à Rivon Krygier

Après avoir entendu tout ce qui vient d’être dit à mon sujet, je réalise combien il est dommage que la remise de ce prix n’ait pas eu lieu avant le jour de Kippour. J’aurais pu alors expier – avec tout le reste de mes travers – toute la vanité instillée dans la fierté que je ressens aujourd’hui… et ajouter alors dans mes prières, pour ceux qui ont décidé de m’attribuer ce prix, comme pour ceux qui m’ont fait l’insigne honneur de s’exprimer aujourd’hui à cette tribune des Bernardins (je me permets de paraphraser le Psalmiste) : « Seigneur, pardonne-leur, ils ne savaient pas ce qu’ils disaient !… »

Oui, mes chers amis, je le confesse, je suis honteusement fier. Mais fier de quoi au juste ? Non de mon œuvre, quant à elle bien plus modeste que moi, mais de la confiance qui m’a été donnée par les uns et les autres, et qui m’a permis de m’exprimer et de contribuer par quelles petites pierres à un édifice auquel pour ma part j’accorde le premier prix : l’amitié judéo-chrétienne. Disons-le sans faux-semblant : elle n’a pas de prix. Cette amitié ne constitue pas pour moi une des diverses missions auxquelles un rabbin prétendument tourné vers la modernité se doit de sacrifier, par-delà les diverses tâches que sa charge communautaire lui impose. C’est un devoir sacré que j’ai trouvé ancré au cœur de ma religiosité. Et c’est pourquoi il ne faut en tirer aucun titre de gloire. La plupart d’entre vous qui êtes ici, j’en suis sûr, partagez avec moi cette conviction, pressentez cette grande chose qui nous dépasse. Et c’est cette amitié si précieuse que nous devons célébrer aujourd’hui et dont vous êtes pour beaucoup des acteurs éminemment dévoués.

Je ne vais évidemment pas refaire l’historique de la réconciliation judéo-chrétienne. J’en retiendrai le point qui à mes yeux est capital. Même s’il reste encore beaucoup à faire et à consolider, cette démarche des Églises constitue désormais un tournant majeur dans l’histoire des civilisations. Pourquoi ? Il est en effet toujours extrêmement audacieux, des plus périlleux et donc rarissime, qu’une instance ayant quelque autorité religieuse se dispose à réviser sa longue tradition d’interprétation des Écritures, jusqu’à récuser des positionnements marquants de son enseignement, comme le furent pour le christianisme l’accusation de déicide et l’enseignement du mépris envers le peuple juif. Car chaque religion, et c’est là une chose, disons humaine, trop humaine, véhicule la conviction qu’elle est non seulement dans le vrai (et c’est heureux pour elle) mais aussi dans le seul vrai et, sinon carrément au mépris des autres religions, en tout cas en s’estimant éminemment supérieure à toutes les autres. Aussi, que les plus hautes autorités chrétiennes aient su puiser dans leurs valeurs les plus fondamentales telles les fameuses vertus théologales (foi, espérance et charité) pour élever la doctrine à un surcroît de respect, dans une démarche bouleversante de repentance, cela constitue une sanctification du nom de Dieu qui force l’admiration.

Plus encore, les Églises ont appelé à mieux comprendre le judaïsme, à l’étudier, à reconnaître le statut particulier qu’il occupe aux côtés du christianisme dans son alliance jamais périmée avec l’Éternel. Ce dialogue serré et sérieux a été fructueux et comporte désormais un caractère emblématique et prescriptif. Toutes les religions, toutes les convictions sont appelées à suivre cet exemple d’humilité et de fraternité par lequel les Églises se sont illustrées. Et je voudrais être très clair sur ce point : nous autres juifs, toutes obédiences confondues, avons également encore de quoi apprendre de cette démarche : vaincre les séquelles du ressentiment, mieux connaître et comprendre, combattre nos préjugés à l’encontre du christianisme comme des autres religions, et aussi désavouer les tendances internes les plus fondamentalistes qui font une lecture manichéenne du monde, réduisant encore le christianisme à de la vulgaire idolâtrie, ou considérant le dialogue interreligieux comme une compromission voire une flagornerie.

Qu’il me soit permis de vous livrer un bref commentaire sur un des passages bibliques les plus énigmatiques et qui est justement de la paracha, la péricope de cette semaine (Va-yera). Je me suis longtemps interrogé sur l’épreuve ultime d’Abraham lorsque Dieu lui demande d’aller sacrifier son fils Isaac au sommet du Moria. Par cette requête qui paraît aberrante, il a été demandé à Abraham de supporter une forme d’abnégation ou, à tout le moins, de se montrer capable de marcher tout au long, traversé par les troubles du doute jusque sur le sens même de sa vocation. Abraham aura su rester confiant et persévérer sur cette route escarpée vers un inconnu redoutable. Et Isaac ressort grandi par la même occasion. Mais est-ce là toute la leçon ? Comme on le sait, au bout du compte, Isaac n’est pas sacrifié. Mais n’aura-t-il pas été néanmoins demandé à Abraham de se montrer disposé à effectuer ce sacrifice ? Là se situe tout le paradoxe mais aussi la clef pour en comprendre le sens ! D’un côté cette épreuve vient confirmer l’élection d’Isaac, comme « le fils unique et l’aimé : yehidèkha achèr ahavta », (ce sont les termes utilisés dans ce passage1 et ce aux dépens d’Ismaël, tout juste écarté dans le récit). Or ceci nous le savions déjà puisqu’un passage précédent de Genèse 17 fait d’Isaac, et non d’Ismaël, l’héritier légitime de l’alliance nouée avec Abraham.2 Et donc, de l’autre côté, ce qui vient nous apprendre l’étrange (pour ne pas dire contradictoire) exigence divine est qu’Abraham devait se montrer disposé à sacrifier ce choix exclusif d’Isaac (courir le risque de le perdre) pour le sauver et confirmer ce choix !3 Qu’est-ce à dire ? Tout se passe comme si la lignée qu’allait développer Abraham par le biais d’Isaac, appelée à se singulariser ensuite comme peuple d’Israël, devait intégrer et conserver la disposition à ne pas se complaire dans l’exclusive du particularisme mais, laissant comme une entaille sur le tronc d’un arbre, faire place à une greffe certes non encore réalisable dans l’immédiat (la séparation brutale d’avec Ismaël est alors consommée pour ceux qui se souviennent du récit) mais inscrite au programme dans le champ du futur, pour que les descendants d’Ismaël et d’autres peuples s’y adjoignent… Le récit insiste pour dire qu’Abraham s’était séparé contre son gré d’Ismaël, dans une sorte de première épreuve de sacrifice filial (celui-ci est renvoyé dans le désert mais sauvé in extremis par un ange, comme Isaac dans l’épreuve de la ligature). Abraham est alors assuré qu’Ismaël sera promis à une bénédiction : lui-aussi comptera explicitement pour « sa postérité : ki zarâkha hou », et non uniquement Isaac (cf. Gn 21,12-13) ! La prise en compte de cet épisode précédent (en Genèse 21,9-19) est capitale pour établir le sens ultime de l’épreuve de la ligature (en Genèse 22). Il nous laisse sur une promesse, une œuvre inachevée. La fraternité qui n’a pas pu être possible jadis, devient le commandement abrahamique majeur pour les temps à venir. Et comme nous le montre l’étude de l’Épître aux Romains de l’apôtre Paul, le motif de la greffe, la réunion des branches séparées sur un même tronc, constitue aussi bien un motif central de l’espérance chrétienne. La conjonction des religions par convergence (qu’il faut soigneusement distinguer du syncrétisme qui confond ou absorbe les singularités) est le projet messianique par excellence et telle est la grande tâche qui nous incombe plus que jamais à l’ère de la mondialisation, et ce à l’encontre de tous les fanatismes religieux qui tentent d’en ruiner le projet, jusqu’à mettre la planète à feu et à sang. Je voudrais rappeler ici que la commission bilatérale du dialogue religieux judéo-catholique en Israël, réunie pour sa sixième session en février 2006 à Rome, a inscrit ceci dans sa déclaration : « Les tensions actuelles entre les civilisations exigent que nous dépassions notre dialogue bilatéral (qui a, au demeurant, ses exigences et caractéristiques propres). Nous croyons qu’il est de notre devoir d’engager et d’impliquer le monde musulman et ses dirigeants dans un dialogue respectueux et dans la coopération. »4

Qu’il me soit encore permis de vous faire part d’une de mes lectures récentes qui m’a beaucoup inspiré. Je confesserai devant vous que je suis un passionné de théologie chrétienne, et que j’y trouve bien des richesses. Dans un opuscule remarquable, Dynamique de la Foi, le théologien protestant Paul Tillich (1886-1965), offre une formule saisissante dès les premiers mots : « Il y a foi quand on est ultimement concerné : la dynamique de la foi est celle de la préoccupation ultime de l’homme. »5 Je suis frappé par la pertinence de cette définition. Elle déplace la question de la foi, du passé au futur, de la croyance définie comme un contenu fixe (je dois croire en ceci, je dois pratiquer cela) vers la croyance envisagée comme un positionnement existentiel et universel : la quête d’absolu, la soif pour ce qui est juste et authentique, la volonté (malgré nos faiblesses et nos échecs) de se mettre au service de ce que nous pressentons parfois confusément dans le secret de notre cœur et de notre conscience comme situé au sommet de toutes les valeurs et ce pourquoi nous pourrions être amenés à donner « de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre pouvoir »…6

Quand on a compris cela, quand on a compris que des hommes et des femmes qui ne sont pas de notre tradition ou de notre religion, ou qui sont même de conviction athée, sont dans le fond inspirés par des valeurs identiques, se sentent mobilisés par le juste - quand bien même ils y accèdent par d’autres voies, par d’autres symboles ou langages, qui parfois peuvent nous paraître étranges ou étrangers -, on les sait frères et sœurs dans la foi, cheminant vers le même sommet, le même Moria. Le monothéisme n’est pas la croyance étroite au Dieu d’Israël mais la croyance dans le commandement jadis donné à Israël et, partant, à toute l’humanité, d’œuvrer pour davantage s’humaniser. Croire en ce Dieu-là, c’est se sentir ultimement concerné par ce devoir impérieux de fraternisation.

Des frères et sœurs dans la foi, dans la même aspiration ultime, j’en ai rencontrés sur ma route, notamment grâce au dialogue judéo-chrétien. Ce sont d’ailleurs des personnes, peut-être plus encore que mes études et lectures, qui ont bouleversé ma manière d’envisager le christianisme. Je vais vous épargner ma biographie et mes souvenirs pour ne retenir qu’un épisode qui prend sens en ce jour. Au cours de mon adolescence, mon père, de mémoire bénie, me fit un jour, à moi et mes frères, le récit poignant de ses années de guerre, quand il était lui-même adolescent. Au cœur de ce témoignage, une figure bouleversante, que je n’ai jamais rencontrée mais ce que m’en raconta mon père l’a rendue vivante à jamais dans mon esprit. J’en ai appris bien plus par la suite, lorsqu’une publication fut dédiée à sa mémoire7 : il s’agit d’Henri Reynders, né à Bruxelles, le 24 octobre 1903, il y a cent dix ans, presque jour pour jour. À dix-sept ans, il devient novice dans une abbaye bénédictine, à vingt-cinq ans il est ordonné prêtre, et prend le nom de Dom Bruno. C’est un intellectuel, il décroche un doctorat en théologie après des études à Rome, devient entre parenthèses un éminent spécialiste d’Irénée de Lyon, un des pères de l’Église du iie siècle, dont il traduit et explique des œuvres majeures. Cette vocation à la fois spirituelle et intellectuelle me le rend déjà sympathique et curieusement proche. Mais quand j’apprends qu’en 1932, il se fait mal voir par sa hiérarchie parce qu’il adhère à l’élan liturgique, le mouvement œcuménique des églises, (nous sommes encore trente ans avant Vatican II !), je le trouve vraiment attachant. Mais c’est en 1938, lors d’un voyage à Francfort, que le Père Bruno assiste à une scène qui fait basculer toute sa vie. Il voit un vieux juif revêtu de son caftan, marchant tout courbé dans la rue, baissant les yeux et cachant honteusement son nez de la main. Les passants s’écartent sur son passage, comme s’il était pestiféré, le houspillant, le montrant du doigt en ricanant grassement... Pendant deux ans, de 1943 à 1944, le Père Bruno a arpenté la Belgique pour y placer, déplacer, replacer - en fait cacher - près de 390 enfants juifs. Il a pris des risques incalculables. Il était poursuivi par la Gestapo. Il a failli plusieurs fois être pris. Ces actes de bravoure lui vaudront en 1964, de son vivant et en sa présence, que soit planté en son honneur un arbre dans l’allée des Justes au Musée et institut Yad Vashem de Jérusalem. Mon père lui doit la vie. Moi aussi, il va sans dire. Le plus impressionnant est quand mon père écrit que le père Bruno lui avait surtout communiqué le sens d’être un être humain, en un temps où il avait intériorisé la honte de faire partie des « unter-menschen ». Je suis persuadé, après coup, que ce récit de guerre a laissé une empreinte indélébile sur mes choix de vie. Le Père Bruno a été un vrai Père, un vrai frère. Un maître aussi, qui a honoré, sanctifié, le nom de sa religion.

J’en arrive aux remerciements. (J’ai dû faire attention parce que cela pouvait aisément devenir la partie la plus longue de mon discours). Veuillez pardonner mes raccourcis et inévitables oublis. Merci d’abord à vous tous de me faire l’honneur d’assister à cette cérémonie. Merci de votre confiance et de cette attribution, à Florence Taubmann, notre Présidente, au Comité directeur de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France et à Monsieur Hubert Heilbronn, fondateur de ce prix. Je veux mentionner le formidable travail accompli par Brunot Charmet (quand on entend seulement le timbre de sa voix au téléphone, on sait qu’on est bien à l’Amitié Judéo-chrétienne) et son équipe. Je n’oublie pas Rosine Voisin pour l’excellent site de l’AJCF ainsi que Yves Chevalier et son équipe pour la haute tenue de la revue Sens. Un des mes rêves serait de pouvoir lire autant, aussi bien et aussi vite que Yves. Merci à Mgr Jérôme Beau et au Pasteur Florence Taubmann, à Madame Mireille Hadas-Lebel, à Madame Catherine Chalier, au Père Jean Dujardin et au Père Antoine Guggenheim, qui ont traité de mon cas avec tant de bienveillance et d’indulgence ce soir. Je tâcherai de me montrer digne de vos propos ! Je voudrais évoquer quelques autres compagnonnages (pardon de ne pas tous les citer) qui m’ont valu des échanges à la fois chaleureux et profonds : avec Emmanuelle Main, les Sœurs Geneviève Comeau et Sandrine Caneri, les Pères Marc Rastoin, Patrick Faure, Michel Remaud et Michel Berder, Rafik Nahra. Je n’oublie pas Paul Thibaud, ancien président de l’AJCF, qui a pris souvent la peine d’échanger et de se concerter avec moi sur divers sujets. Je pense en particulier aux amis de l’AJCF de Bordeaux, Claude Lederer, Philippe et Catherine Leruste et à tous les autres groupes de l’AJCF qui m’ont si dignement accueilli. J’en viens enfin aux deux grandes instances qui tout au long des années m’ont « supporté » (au double sens français et anglais de ce terme). La première n’est autre que ma communauté, Adath Shalom. Depuis plus de vingt-deux ans (comme les lettres de l’alphabet hébraïque), elle a accordé sa confiance, à ma personne comme à l’expression du judaïsme que je tente de porter avec elle et beaucoup par elle. Adath Shalom signifie « Assemblée de la paix ». Ce nom, ce costume aurait dit mon père, est un peu grand pour moi, pour nous. Mais il est une chose dont je puis attester en toute sincérité : c’est une vraie communauté qui dès le départ s’est mobilisée pour prendre le parti de la fraternité et du dialogue des cultures et des religions. Nos communautés massorti sœurs sous l’impulsion des rabbins Yeshaya Dalsace, David Touboul et Floriane Chinsky, militent à nos côtés dans le même sens. Notre chorale, sous la direction magistrale de Laurence Temime, nous a donné un échantillon des vibrations de chaleur et d’humanité qui s’y font entendre. Je ne peux que vous dire du fond du cœur : toda rabba. Enfin, en fin du discours, la dernière et première instance de mon cœur vous l’aurez deviné est ma famille, au centre de laquelle se trouvent Raphaëlle et nos deux chers enfants, Noa et Elia dont nous sommes si fiers. Raphaëlle, tu n’es pas seulement ma proche compagne, qui supporte ma présence, comme mes absences les soirs de conférence ou de réunion. Tu es toi-même profondément engagée dans le dialogue des cultures dans le cadre de tes fonctions de conférencière au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme. Je me demande sincèrement, compte tenu de tous les stéréotypes que tu parviens à faire tomber chez les visiteurs qui viennent écouter tes exposés, si tu n’en as pas fait bien plus et bien mieux que moi en matière de fraternité. (Après tout, c’est peut-être une erreur ! Je ne suis peut-être que le mari de la vraie dépositaire.) Mes émotions vont aussi à ma maman chérie, ici présente, à mon frère Hugues (et sa voix bouleversante) et à tous les membres de notre famille, que je ne puis nommer ici. Que ce prix que je reçois aujourd’hui soit à jamais rattaché à la mémoire de mon père, Tsvi Menahèm ben Yehochouâ Israël, qui aurait bien apprécié d’être parmi nous, ainsi qu’à la mémoire du Père Bruno, ce Juste parmi les nations, parmi le peuple chrétien, qui m’a conduit jusqu’ici… Et n’allez pas croire que je pourrais conclure sans nommer le principal (et je vous invite, si vous le voulez bien, à vous lever) :

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, אֶלֹהֵֽינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, שֶׁהֶחֱיָנוּ וְקִיְּמָנוּ וְהִגִּיעָנוּ לַזְמַן הַזֶּה:

Tu es source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, Souverain du monde, Toi qui m’as et nous as donné de vivre, de subsister et de parvenir à cet instant.

 

1 Cf. Gn 22,2.

2 « Mais Dieu reprit : "Non, ta femme Sara te donnera un fils que tu appelleras Isaac, Je nouerai Mon alliance avec lui en alliance perpétuelle pour être son Dieu et celui de sa postérité. [20] En faveur d'Ismaël aussi, Je t'ai entendu : Je le bénis, Je le rendrai fécond, Je le ferai croître à profusion, il engendrera douze princes et Je ferai de lui une grande nation. [21] Mais Mon alliance, Je l'établirai avec Isaac que va t'enfanter Sara, l'an prochain à cette saison." » (Genèse 17,19-21).

3 On notera tout particulièrement la réitération de la bénédiction promise à l’ensemble des nations amorcée lors du premier Lekh lekha en Genèse 12, au franchissement de l’épreuve de la ligature : « Par ta postérité seront bénieE toutes les nations de la terre, parce que tu M'as obéi » (Genèse 22,18).

4 Cf. Cardinal Walter Kasper, Juifs et Chrétiens, éditions des Béatitudes, 2009, pp. 70-71.

5 Genève, Labor et fides, 2012, p. 11.

6 Comme le dit fort bien Tillich, « On ne peut pas faire dépendre la vérité de la foi de l’exactitude factuelle des récits et des légendes qui servent à l’exprimer. » (op. cit., p. 89) Leur vérité réside plutôt dans la résonance et l’éveil qu’elle suscite en nous, la conviction que l’on touche à l’essentiel, ce pour quoi il vaut la peine de consacrer sa vie.

7 Cf. Résistance, Père Bruno Reynders, Juste des Nations, Les Carrefours de la cité, Bruxelles, 1993.