Pessah

Hag hamatsot

La plus importante , la plus compliquée et la plus familiale des fêtes juives…

Pessah marque la naissance du peuple d’Israël. Alors que nous n’étions qu’une famille de soixante-dix âmes autour du patriarche Jacob, nous sommes devenus en Egypte une nation nombreuse. Nous n’oublions pas que c’est à partir de la souffrance que notre conscience nationale s’est forgée, ainsi sommes-nous devenus selon l’expression de feu le Grand Rabbin Jaïs z’al "un peuple d’affranchis", capable de porter dans sa Constitution et aux yeux de l’humanité tout entière : "tu aimeras l’étranger comme toi-même, car tu as été étranger dans le pays d’Egypte". Afin de souligner ce moment fondateur, les maîtres de la synagogue ont introduit dans la prière la formule : "l’époque de notre libération". Dans la Tora, cette fête est appelée "Pessah" et "fête des matsot" (pains azymes) ou désignée par "mois du printemps".

Pessah veut dire sauter (par-dessus), en anglais Passover, car la mort selon l’ordre divin sauta au-dessus des maisons d’Israël qui portaient sur les montants des portes, le sang de l’agneau, une idole d’Egypte. La libération ne peut avoir lieu que par le courage monothéiste de nier tous les cultes de l’instinct, des forces de la nature, et de reconnaître Dieu comme Créateur de l’univers.

Fête des matsot : le pain azyme rappelle la sortie précipitée d’Egypte. L’esclavage est long et douloureux, la délivrance est, telle la création du monde, une explosion de joie, un temps au-dessus du temps, au-dessus des lenteurs de l’angoisse et des incertitudes de l’avenir.

Mois du printemps :"Garde le mois du printemps, … car au mois du printemps l’Eternel ton Dieu t’a fait sortir d’Egypte" (Deut. XVI,1). Printemps de la nature, printemps d’un peuple, résurrection des morts, temps de l’harmonie entre les cieux et la terre, entre le froid de l’hiver et la chaleur de l’été. Temps d’équilibre pour apprendre à Israël que la liberté se vit sur la voie moyenne.