Chavouot

La fête des « semaines », fête des « Serments »

Chavouot, 50 jours après Pessah, commémore les moissons et le don de la Tora au Sinaï. Célébrée sept semaines après Pessah et placée sous le signe de l’étude, la fête de Chavouot est une des plus discrètes du calendrier juif. Faut-il le regretter ou au contraire s’en réjouir ? Tiens, revoilà l’été, ses rues éclaboussées de soleil, ses embouteillages désormais climatisés et ses régimes express pour pouvoir rentrer à temps dans son maillot de bain. Chaleur, orages de fin de journée, fruits en abondance : l’éternelle et régulière pulsation du balancier climatique ne cesse, saison après saison, de nous étonner et de nous ravir en nous apportant cette sécurité apaisante qui escorte l’immuable mécanique temporelle. Ce besoin qu’a l’esprit humain de repères chronologiques nous permet de matérialiser certains événements qui sans cela nous sembleraient purement abstraits. Ainsi Chavouot, événement atypique du calendrier juif, fête dénuée de symbole et privée de rituel, est en revanche parfaitement ciblée sur le planning : les écrits nous apprennent qu’elle devra trouver sa place sept semaines précisément après Pessah, soit le temps nécessaire à la maturation du peuple juif errant dans le désert depuis sa sortie d’Égypte. Au bout du chemin, le Mont Sinaï et la concrétisation de la liberté, symbolisée par le don de la Tora à Moïse.

La coutume de consommer un repas de laitages puis de veiller pour étudier toute la soirée (et plus si affinités !) dans une synagogue décorée de fleurs et de feuillages, afin de commémorer cet événement vieux de 3300 ans, est uniquement empruntée à la tradition orale et ne repose donc sur aucun texte connu.

Sans la précision métronomique du décompte de l’Omer - ces cinquante jours égrenés minutieusement à partir du premier Seder et qui nous amènent tranquillement vers la saison chaude -, sans cette balise climatique et calendaire, qui évoque les premières moissons et renvoie aux offrandes des prémices apportées au temple de Jérusalem lorsque les trois pèlerinages (Souccot, Pessah, Chavouot) étaient encore d’actualité, Chavouot resterait une simple veillée d’étude, coincée entre la lecture des Dix Commandements et celle de la Meguila de Ruth : une nuit certes différente des autres mais sans la magie qui émane de celle de Pessah avec son cérémonial bien huilé.